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22 avril 2013 1 22 /04 /avril /2013 21:51

Cette fois c'est terminé.

 

Non que je n'aurais pas continué encore longtemps, surtout les tétées du matin, si tendres, si chaudes, si drôles avec ce grand bébé les yeux plongés dans les miens.

 

C'était l'idéal. Le lait coulait quand elle tétait. Le reste du temps je n'y pensais pas.

 

Et puis il y a eu un long déplacement de quatre jours. Puis un autre. Des horaires compliqués en cette interminable fin d'hiver. Des soirées où je rentrais tard. Des réveils trop tôt. La fatigue.

 

J'ai eu l'impression que le lait coulait moins fort. Que les yeux levés vers moi contenaient un point d'interrogation: "Ben alors, j'ai faim/soif moi?".

 

Nous avons continué, sans faire trop attention. En lui donnant à manger autant qu'elle le souhaitait. En ce disant que ces tétées étaient "en plus". Que c'était bien comme ça.

 

Et puis il y a, trois semaines, alors qu'elle voguait tranquillement vers ses un an, elle s'est mise à préférer regarder ses soeurs, ses jouets, par la fenêtre, même les coussins du canapé que je ne peux plus voir, plutôt que mon sein.

 

Quelques jours plus tard, alors que nous nous installions pour une petite tétée, elle a ri face à mon téton fraîchement sorti. Ri. De bon coeur. Et remis ça le lendemain. Et le surlendemain. J'ai refermé mon corsage en riant aussi.

 

Il y a quelques jours, alors que je lui proposais à nouveau, pensant que son petit accès de fatigue de fin d'après-midi pouvait se résoudre par une petite tétée-câlin, elle m'a mordu. Pas pour rire, ça elle l'avait déjà fait. Vraiment mordu. Avec l'air de dire "Ah non, pas encore ça!"

 

J'avoue que j'ai retenté une fois encore. Mais que j'ai refermé mon chemisier devant son regard dubitatif.

 

 

Une page se tourne.

 

C'était bien. C'était le plus merveilleux des allaitements. Tout a été simple et beau. Une expérience fusionnelle et tendre. Des moments innombrables pour se rappeler que, parfois, les choses marchent toutes seules et que tout le monde en est content.

 

Il faut ranger les coussinets blancs qui traînent encore ici et là. Oublier la lingerie qui s'ouvre devant. Sortir de leur quarantaine les vêtements "pas pratiques pour allaiter". Reboire du vin quand il est bon.

 

Il faut contenir la tristesse qui nous accable. Il est trop tôt pour être nostalgique. Il faut pleurer pourtant en pensant aux décennies qu'il nous reste à vivre et pendant lesquelles nous ne vivrons plus ça. C'est vécu. C'était bien mais qu'est-ce qu'on ne donnerait pas pour que ce soit encore une promesse!

 

Mais s'émerveiller devant ce petit bout de bébé devenu grand. Resté serein et tranquille, vif et calme, tendre et confiant. Se dire que l'on verra toute notre vie dans ses yeux ce lien construit au creux des oreillers...

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  • : Elle-mère, maman concernée de trois mammifères survoltés, Loutre, sept ans, Marmotte, quatre ans et demi, et Belette, 19 mois. Peut-on à la fois être féru de littérature enfantine, très au point question principes d'éducation, passionné par la condition des mères (et des pères), ouvert aux autres, ET au bord du burn-out parental? Oui, on peut!
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L'illustration de la bannière de ce blog est l'oeuvre exclusive de Luce Gribouillon, que je remercie très chaleureusement.

 

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