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5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 22:32

Les ingrédients du jour:

 

- une mère quasi aphone, oscillant entre Dark Vador à l'heure des berceuses et une enfant de cinq ans au réveil : bronchite ou pharyngite, je ne veux pas le savoir...

 

- un bébé qui ne va pas à la crèche le vendredi

 

- une baby-sitter qui a du manquer l'occasion de se fabriquer des anticorps dans la petite enfance et qui tombe malade une fois par mois (gastro carabinée à chaque fois quand Loutre, Marmotte et Belette, qui lui refilent leurs virus, ont eu à peine un petit mal de ventre passager)

 

- une école qui se situe à 30 mètres de notre immeuble

 

- une Loutre, bientôt six ans et demi, qui revendique plus d'autonomie (en mode: "c'est bientôt maman que j'aurai mon portable pour pouvoir te prévenir qu'après l'école je rentre tard la nuit parce que je vais me promener avec mes copines?")

 

 

Le contexte à l'échelle micro-historique:

 

- une Belette (le bébé donc) qui s'endort à 15h55. Ndlr: l'école se termine à 16h20 pour les bambins de la "maternelle"

 

- une poussette fichue

 

- une tendinite de l'épaule pour la mère aphone qui n'est plus à ça près

 

- un temps de gueux avec pluie glacée et soleil timide, juste pas assez froid pour que les radiateurs reprennent du service et sèchent enfin la combi pilote de Belette qui devait être sèche, pourtant

 

 

La folle décision:

Pour la première fois de ma vie, j'ai filé chercher Marmotte à la maternelle en laissant Belette dans son lit, profondément endormie depuis vingt longues minutes. Elle dort habituellement deux heures l'après-midi.

J'ai couru. J'ai récupéré Marmotte, fait peu de cas des explications de la maîtresse sur le changement d'heure et ses effets néfastes sur l'état des chérubins, occupés à se crêper le chignon dans son dos, snobbé les autres parents, qu'habituellement je suis heureuse de retrouver pour mon quart d'heure "vie sociale". J'ai claqué une bise à une maman amie, mère de la grande amie de Loutre, que nous appellerons Pisa (la fille, la mère pourrait s'appeller... Numa), lui demandant de bien vouloir déposer ladite Loutre au pied de l'ascenseur, parce que là je filais veiller sur Belette, "tu comprends...".

Fière, j'étais. J'avais géré ça très bien. Belette avait le droit de roupiller tranquille. Je ne la laissais que cinq minutes, alors qu'en attendant 16h40 (heure de sortie des CP), ç'aurait été trop "mère indigne" pour le coup. Je me disais que Loutre serait contente, elle qui me supplie de passer à l'épicerie d'en bas avant de rentrer, pour qu'elle puisse me précéder de trois minutes et prendre seule l'ascenseur! (Si un jour elle pilote une fusée, elle ne sera pas plus débordante de fierté)

 

 

Le couac:

16h40. Personne. Je vérifie la sonnette. L'ascenseur semble en service (en même temps il l'était il y a quinze minutes...)

16h45. Toujours personne. Je jette un oeil par le balcon (nous avons une cage d'ascenseur vitrée, pour voir arriver les visiteurs.

16h50. Petit coup d'oeil par l'oeilleton (qui est là pour ça). Personne devant la porte. Je me dis que la maman de Pisa, Numa donc, a du leur faire faire un détour (de cinq mètres) par le petit square dont la vue m'est masquée par l'église honnie. Elles ne vont pas tarder.

16h55. Il me semble quand même que Numa était pressée, attendue quelque part...

16h58. Devant l'oeilleton je décide d'ouvrir, en entendant une voix que je ne connais pas.

 

 

La vision:

Je monte trois marches et je découvre, sur la volée d'en haut, au dessus du palier de l'ascenseur demi-étage (vous suivez?), une Loutre en larmes face à notre charmante, blonde et élancée voisine.

Ils étaient sortis à l'heure. Numa a bien accompagné Loutre jusqu'à l'ascenseur, à 16h41, en gros. Mais Loutre a cru, on ne sait pourquoi, qu'elle devait m'attendre devant la porte. Et "que j'arrivais". Elle a attendu, si je calcule bien, 17 longues minutes. Sans avoir l'idée de sonner parce qu'elle avait compris que j'arrivais.

 

 

La suite:

La soirée s'est bien déroulée ensuite.

Sauf que Loutre a cherché partout le bracelet TagMyKid que je lui avais fait faire après une frayeur métropolitaine. Limite elle voulait se faire tatouer mon n° de téléphone sur l'épaule. Pour les envies de sortir le soir, j'ai peut-être douché son impatience. Involontairement.

Sauf que tourne dans ma tête cette question: où était le malentendu? Qu'est-ce que j'ai dit à la gentille et attentive Numa qui a fait que Loutre a cru logique que je la fasse attendre mon retour sur le palier, chose que je ne ferais pas subir à un adulte tranquille? Ai-je failli? Ou est-ce une pierre dans mon jardin, un de ces petits évènements sur lesquels viennent achopper les angoisses et les terreurs, inévitables, de toute vie. Ma faute, pas ma faute... Qu'importe. C'est fait.

 

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  • : Elle-mère, maman concernée de trois mammifères survoltés, Loutre, sept ans, Marmotte, quatre ans et demi, et Belette, 19 mois. Peut-on à la fois être féru de littérature enfantine, très au point question principes d'éducation, passionné par la condition des mères (et des pères), ouvert aux autres, ET au bord du burn-out parental? Oui, on peut!
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Illustrations ©LuceGribouillon

L'illustration de la bannière de ce blog est l'oeuvre exclusive de Luce Gribouillon, que je remercie très chaleureusement.

 

Vous pouvez admirer ici les réalisations de cette illustratice/peintre/dessinatrice, entre autres talents de cette maman qui en a beaucoup!

 

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