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28 septembre 2011 3 28 /09 /septembre /2011 21:39

Nous y voilà... D'entrée de jeu. Depuis plusieurs mois, l'envie de m'exprimer autrement qu'en paroles - orales avec des amies chères et de chair, écrites avec des amies de fibre optique et néanmoins très chères - sur ce sujet très important et qui nous taraude TOUS (j'ai bien écrit tous): qu'est-ce qu'être mère aujourd'hui? Et donc, qu'est-ce qu'être parent? Donc comment être un adulte responsable, pensant, actif et un parent?

 

Mic mac sur la toile, à la hauteur de mes minces compétences. Une plateforme de blog très fréquentée. Je passe la barre. Et je coche en ricanant la case du contenu adulte... J'en pouffe encore. Bon, ça va, je sais que contenu adulte équivaut sous la plume de ceux qui emploient de leur plein gré cette expression à "pornographie". Je sais, merci. Cette expression me sidère.

 

Donc ce blog aura un contenu adulte. Sans encore bien savoir comment je vais me dépatouiller de cette ambition de "tenir" un blog, moi qui n'ai jamais tenu de journal, j'entends quand même faire entendre ma petite voix. Comment?

 

Le déclic m’est venu de quelques remarques accidentellement récurrentes, en quelques jours, alors que j’entrais en contact avec d’anciennes connaissances, de vieux copains d’université ou de plus loin encore. « Quoi ?!!! Toi ?!!! Tu es mère !!! ». Je vous épargne les monceaux de ponctuation surnuméraire et ma mine gênée et ricanante. Ben oui. Voilà cinq ans bientôt que j’ai engendré Loutre, ma fille aînée. Il y a un peu plus de deux ans, je remettais ça en mettant au monde Marmotte, sa petite sœur. Et me voici préparant la venue, pour avril, d’un troisième petit humain que je ne manquerai pas, en temps voulu, de gratifier d’un surnom de mammifère sympathique. Évidemment, pour celui qui gardait le souvenir de la jeune fille de vingt ans, insouciante, rêveuse, fêtarde – miss Martini et Gauloises rouges – le choc peut être rude. Je pourrais crâner en affirmant que la mutation s’est produite au cours de la décennie d’avant mes trente ans et que le moment venu, j’étais fin prête. Ben non. Comme presque toutes, j’ai pris tout ça dans les dents, à vitesse grand V. Bien sûr, ces naissances étaient souhaitées, désirées, planifiées même. Le nid douillet était prêt. J’avais lu, discuté et surtout rêvé de mon nouveau rôle. En continuant ma vie d’avant. En l’occurrence, une thèse, une vie entre Paris et une grande ville de province, avec toutes mes soirées libres et aucun recoin de ma tête que je ne croie à moi. Un grand amour aussi, seul homme sur Terre avec qui je me sentais de commettre cette gentille folie. Faire un enfant.

Folie ravageuse s’il en est. Cinq ans plus tard, je réalise que plus rien n’est pareil. Certes, la thèse a été achevée – on achève bien les chevaux… -, le grand amour est toujours fidèle au poste et il nous reste quelques soirées libres par an et un bout de cerveau opérationnel pour autre chose que les enfants. Mais quel séisme. Quelle alternance folle de moments de crise et de cheminements douloureux vers des parcelles de solution ! Heureusement que mes filles m’apparaissent belles, drôles et époustouflantes parce que le rôle est harassant. Et ce n’est pas fini. Et on le fait sans trop se poser de questions. On enterre vite celle qui consiste à comparer sa vie à « celle d’avant », sinon c’est le baby-blues à vie. On ne se demande pas si on va tenir, parce qu’on ne se donne pas le choix. On ne pense pas souvent à long terme, parce que le quotidien et les urgences sont déjà trop présents. Bref, on devient parents sans trop savoir comment.

Pourtant, il y a des petites balises au fil du chemin. Je vais essayer de vous en montrer quelques unes.

Dans le désordre... par rubriques prévues, de quoi vais-je vous causer ?

 

Littérature enfantine : que ceux qui ne connaissent encore que Tchoupi et Petit Ours brun - parce que leur enfant a trois mois ou est encore à naître, ou parce qu'ils n'ont pas encore exploité toutes les réserves de leur meilleure librairie ou de leur bibliothèque municipale - attendent la suite avant de passer leur chemin. La littérature enfantine est une mine de bonheurs, de trouvailles, d'espoir pour la génération à venir. A condition d'y piocher avec parcimonie les titres les plus exaltants et les auteurs les plus inventifs. Il y en a beaucoup. Je m'engage à vous en présenter un par semaine au moins... (ouille ouille, des promesses, déjà des promesses!)

 

Mères dans la cité et/ou Maman travaille : si ce blog existe, c’est aussi parce que bouillonne en moi une foule de questions et d’incompréhensions. La place donnée aux mères aujourd’hui m’interroge. Entre le retour au naturel prôné par beaucoup et l’injonction de perfection partout présente, entre la volonté affichée de cantonner les femmes à la maison et la vie kafkaïenne qui est le lot de celles qui travaillent, je m’agace, au mieux, j’enrage, les jours de grand vent. J’ai la même propension que beaucoup de mères à culpabiliser et je m’interroge sur ce penchant et sur cette société qui l’entretient, l’air de rien…

 

C’est une question d’éducation, ma bonne dame ! : parmi les chamboulements que provoquent la naissance – et surtout la croissance… - des enfants, la question de l’éducation est une lapalissade. Elle l’est d’ailleurs tellement que c’en est problématique. Depuis la remise en cause – ô combien légitime – de l’autoritarisme qui a régné pendant des siècles, on s’est interrogé sur ce qu’était une éducation juste et susceptible de laisser l’enfant s’épanouir. Pour moi, s’interroger est une démarche justifiée et la seule qui mène à une attitude réfléchie. Or l’enfant, présent, immédiatement, avec ses demandes impérieuses et ses revirements rapides, demande une réaction maintenant. Comment concilier ceci et cela ? Autrement dit, comment se coconstruire – cocon et construire… – en tant que parents et, en face, en tant qu’enfant ? Tout cela sous le regard de tout ceux qui continuent – ou feignent – de croire que les principes d’éducation vont de soi et que les enfants, ça s’élève tout seul. De l’amour, de l’autorité, et hop, le tour est joué. Mouais.

 

Et ton père ! : ben oui, vous ne croyiez pas que j’allais oublier cet aspect-ci, quand même. Qu’attend-on d’un père aujourd’hui ? La même chose que d’une mère me direz-vous ! Moui et non… J’étais ainsi, avant. Avant de vivre deux grossesses (bientôt trois), deux accouchements et deux allaitements. Sans en faire le centre de ma vie, ces expériences ont beaucoup compté, pour moi, et dans ma relation avec mes enfants. Des filles, en l’occurrence. Et puis mon couple n’est pas tout à fait ordinaire – qui l’est ? Une différence d’âge, une insertion très contrastée dans le monde du travail, une expérience familiale à soi, tout intervient et brouille les cartes. Bref, nous n’avons pas tout à fait le même rôle. Parfois, je trouve ça formidable. Parfois, je m’en arrange moins bien. Je vous raconterai. Peut-être.

 

Elles-mères ! : c’était ma première idée. Faire de ce blog une sorte de blog coopératif. Inviter des amies, des forumeuses et des blogueuses, mères, dont j’aime le ton, la façon d’exprimer leur vie de mère, leurs relations avec leurs enfants. Parce que leur expérience est singulière, parce que leur charme opère, parce que j’aime leur plume et leur humour, parce que leur avis m’étonne, me ravit, m’éclaire ou m’énerve un peu sur les bords. Dès que ce blog ressemble un peu à un objet vivant, elles seront là, je l’espère.

 

 

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Published by elle-mere - dans Mères dans la cité
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commentaires

Blabala de Nancy 03/10/2011 10:37


Pfiou... le premier commentaire... c'est stressant.
Quoi te dire à par que ce déferlement de mots et d'idées à la minute c'est exactement toi (enfin l'idée qu'une connaissance presque uniquement électronique s'en fait).
J'ai tout lu (oui que deux articles mais c'est long ;o)), suivi les liens (très bien d'ailleurs) et puis réalisé qu'il faut bosser et suis revenue ici pour te dire une chose : j'attends la suite !


A Propos

  • : Le blog de elle-mere
  • Le blog de elle-mere
  • : Elle-mère, maman concernée de trois mammifères survoltés, Loutre, sept ans, Marmotte, quatre ans et demi, et Belette, 19 mois. Peut-on à la fois être féru de littérature enfantine, très au point question principes d'éducation, passionné par la condition des mères (et des pères), ouvert aux autres, ET au bord du burn-out parental? Oui, on peut!
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Illustrations ©LuceGribouillon

L'illustration de la bannière de ce blog est l'oeuvre exclusive de Luce Gribouillon, que je remercie très chaleureusement.

 

Vous pouvez admirer ici les réalisations de cette illustratice/peintre/dessinatrice, entre autres talents de cette maman qui en a beaucoup!

 

http://lucegribouillon.blogspot.fr/

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